Des années passent. Le phénomène grandit. Pour les citoyens de sexe masculin et féminin, les faits et gestes ne comptent plus que dans le cerveau. Pour se rafraîchir la mémoire, ils choisissent pour la plupart d’immortaliser l’instant présent. Celui qui restera aussi longtemps, pour rappeler le bonheur et ou, le malheur selon les circonstances. Disons-le, c’est de leur droit. Chacun est libre de conserver une photo, et ou une vidéo d’un événement heureux ou malheureux. Il n’est interdit à personne d’ouvrir une photo, de la tirer pour en mesurer l’impact ou mieux analyser l’image qui peut valoir mille mots. Il en est de même d’une vidéo.
Au Cameroun, ceux qui immortalisent les instants sont de tous les âges. Reste que ces dernières années, les utilisateurs de la pratique, sont des jeunes dont la tranche d’âge est comprise entre 18 et 40 ans. Ils filment et publient le repas, les souliers, la chambre à coucher, leurs grande et petite tenues, leurs balades, des virées, leurs bureaux, leurs atouts physiques et… même leur intimité.
Si la présence des premiers éléments cités sur les réseaux sociaux est relativisée, l’intimité par contre est décriée. Réprimé par le code pénal, notamment à l’article 265, la pratique prospère pourtant et tend à devenir une doctrine. Des photos et vidéos de jeunes filles nues, et même en plein ébat, sont devenues virales sur les réseaux sociaux, et alimentent la polémique. Elles sont prises avec et parfois sans consentement des personnes qui y figurent.
Seulement, la divergence de points de vue fait encore jaser, dans un contexte le gain facile, trouve un écho favorable chez les jeunes générations exposées. Il leur a déjà été dit qu’elles peuvent se faire de l’argent, en clic, en publiant une image, prise à partir d’un téléphone mobile, avec ou sans formation. Les jeunes filles prises au piège en majorité, veulent s’inspirer des aînées, dont le parcours dans l’univers entrepreneurial, se révèle très souvent incohérent.
Cette option relaie au second plan l’école. Les nouveaux entrepreneurs s’en servent parfois pour combler des espaces vides et ou pour éviter un curriculum vitæ blanc au niveau du cursus scolaire ou de la formation académique ou professionnelle. L’argent, ils le gagnent sans attendre la fin du mois, sans écrire longuement, encore moins présenter un projet. Juste, au bout d’une seule opération.
La dépravation des mœurs prospère, malgré les alertes et même des réactions des pouvoirs publics, dont l’action reste encore pédagogique. Elle semble loin de celle qu’espère le peuple outré par l’impunité. Le peuple attend de voir puni les auteurs de telles pratiques, une fois reconnus coupables. Il attend de voir les autorités s’auto-saisir pour limiter la casse. Il veut voir des parlementaires passer à l’offensive sur le terrain, au-delà des questions orales à l’hémicycle. Les parents ne sont pas en reste. Leur mot est déterminant pour guérir les jeunes de ces maux.
PRIB



