back to top
25 C
Douala
spot_img
mardi, 11 novembre 2025

Guy Martial Tchinda : «Les droits des personnes handicapées sont faiblement respectés en Afrique»

À ne pas manquer

Le journaliste, promoteur de Inclusion Actu, soutient qu’une approche multisectorielle et collaborative est capitale pour améliorer concrètement les politiques et les pratiques d’inclusion sociale.

Le Cameroun a abrité la première édition du symposium africain de l’inclusion sociale en 2024. Avec un peu de recul, quelles leçons pouvez-vous tirer de cet événement ?

Le Symposium africain de l’inclusion sociale organisé tous les deux ans par Inclusion Actu est né de la volonté d’accompagner les États et Gouvernements, la société civile et les autres parties prenantes dans la mise en œuvre de leurs engagements en faveur de l’inclusion sociale. La première édition tenue en octobre 2024, nous a permis de conforter l’idée selon laquelle les droits des personnes handicapées, bien que garantis par des législations nationales et internationales sont faiblement respectés dans nos pays en Afrique, y compris les droits à la vie, à l’éducation, à la santé, à un emploi décent, à l’information pour ne citer que ceux-là.

En outre, les personnes handicapées continuent d’être confrontées à des comportements stigmatisants et autres difficultés qui ne facilitent pas leur plein épanouissement.Il y a donc urgence d’une action forte pour faire reculer les barrières évoquées plus haut et qui affectent une bonne frange de la population africaine. Il faut le rappeler, en effet, qu’au-moins 80 millions de personnes en Afrique vivent avec un handicap, selon les Nations Unies.

Pour cela, une approche multisectorielle et collaborative est capitale pour améliorer concrètement les politiques et les pratiques d’inclusion sociale. Enfin, sur la base des recommandations formulées, le respect des cadres juridiques, à l’amélioration de l’accessibilité des édifices et la promotion de données désagrégées, etc. sont également nécessaires. La deuxième édition aura lieu en octobre 2026 sous le thème « Encadrement et accompagnement des personnes handicapées en Afrique : Progrès, défis et perspectives, 20 ans après l’adoption de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées ».

Au-delà des mesures administratives et autres décisions prises dans ce segment, est-il possible de parler d’une véritable inclusion sociale au Cameroun ?

Il est délicat de parler d’une véritable inclusion sociale au Cameroun à ce jour, même si le pays a montré des signes d’engagement. Pour atteindre une véritable inclusion, il ne suffit pas que les mesures administratives existent ; elles doivent être rendues contraignantes pour une meilleure application, ce qui n’est pas toujours le cas au Cameroun. Le Cameroun, à l’image du continent, doit encore briser les barrières qui limitent l’accès à la scolarisation et à l’emploi, améliorer l’accessibilité aux édifices publics, et surtout, intégrer les personnes handicapées dans le processus de prise de décision et de planification du développement pour garantir un diagnostic et une réponse inclusifs.

Sur une échelle de 0 à 20, à quel niveau placez-vous l’inclusion sociale au Cameroun ?

Il est difficile d’attribuer une note au Cameroun. Toutefois, je salue ce qui a été déjà fait en matière de protection et de promotion des personnes handicapées au Cameroun. Et reconnaissant que l’inclusion sociale est une problématique transversale, j’encourage l’Etat et l’ensemble des parties prenantes à accélérer leurs engagements en faveur d’une société véritablement inclusive ou personne n’est laissé pour compte.

Le Cameroun surfe depuis quelques jours déjà, sur la vague des grandes espérances. Peut-on espérer des lendemains meilleurs pour l’inclusion sociale ?

C’est tout notre souhait. Et dans cette perspective nous souhaitons une mise en œuvre effective des recommandations de la première édition du Symposium africain de l’inclusion sociale, lesquelles sont contenues dans un rapport consultable en ligne.

Au niveau du cadre légal et de la gouvernance, les participants ont insisté sur la nécessité de respecter les textes internationaux et nationaux et de rendre les cadres juridiques contraignants pour une meilleure application. Ils ont également recommandé la mise en place et le respect des quotas de personnes handicapées dans la Fonction publique , ainsi que leur pleine implication dans le processus de développement, notamment dans la prise de décisions et la planification des actions d’inclusion sociale.

Sur le plan de l’accessibilité et de l’autonomisation, il est demandé d’améliorer l’accessibilité aux édifices en les équipant de rampes ou d’ascenseurs , de briser les barrières qui limitent l’accès à la scolarisation et à l’emploi , et d’accompagner les personnes handicapées dans la mise en place d’activités génératrices de revenus.

Enfin, des mesures spécifiques ont été édictées, telles que la lutte contre les discriminations par la sensibilisation, la promotion de la production de données inclusives et désagrégées, l’intégration de la langue des signes et du sous-titrage dans les contenus audiovisuels , la formation des personnels de santé en langue des signes et l’allègement des procédures administratives pour la carte nationale d’invalidité.

R.I

- Advertisement -spot_img

Post Similaire

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

- Advertisement -spot_img

À La Une