Alors que certains acteurs de football regrettent cette décision qui prend effet dès 2028, d’autres y voient une solution pour la survie de la Caf.
Arrivé décontracté dans la salle de conférence du complexe Moulay Abdellah de Rabat, samedi, 20 décembre 2025, Patrice Motsepe, sans protocole, prend la parole et retient l’attention. Le président de la Confédération africaine de football, dit vouloir partager avec la presse, des décisions importantes, prises au cours de la réunion du Comité exécutif de l’instance.

La première selon Motsepe, est la revue à la hausse de la prime du vainqueur de la Coupe d’Afrique des nations (Can) de football 2025. Elle passe de sept à dix millions de dollars. La deuxième à en croire le président la Caf, concerne l’avenir de cette compétition. Le président de l’instance faîtière du football africain, annonce que la périodicité de la Can va passer de deux à quatre ans, dès 2028.
Dans son argumentaire, Patrice Motsepe, évoque la survie d’une compétition chère à l’Afrique. En un mot, comme en mille, il faut de l’argent. La Caf, selon son président, en a besoin pour mener à bien sa politique. Sur la liste des décisions, figure aussi la création d’une ligue des nations africaines, pour laquelle, les sélections du continent seront subdivisées en quatre.
Seulement, le passage de l’organisation de la Can deux à quatre ans, fait couler beaucoup d’encre et de salive. « Il a cédé. Dommage », regrette un consultant de football. «C’est du pure business », croit savoir un journaliste béninois outré dans la salle.
Sur sa page Facebook, le journaliste camerounais, Martin Camus Mimb, s’interroge sur la mort programmée de la Can. «La première conséquence est que le Chan devient simplement une compétition de plus pour les pays arabes d’Afrique, pour qui cette compétition a été créée. Le niveau relevé de leurs championnats avait obligé la Caf à donner un peu plus de visibilité aux championnats africains, du moins à favoriser leur développement», écrit-il.
Pour Martin Camus Mimb, «il faudrait repenser ou réinventer le Chan». «Si donc l’enjeu financier de la Coupe Arabe devient si important, les championnats locaux vont naturellement attirer les stars arabes en déclin en Europe, avec la garantie de disputer au pire la Coupe Arabe», poursuit le journaliste.
Journaliste et ancien directeur de la communication à la Caf, Alexandre Siewe, parle d’un impératif de survie. Selon l’expert en stratégie et communication, « la CAF est structurellement dépendante de la CAN. Regardons la réalité en face : Avec un budget annuel d’environ 100 millions de dollars, la CAF dépendait à plus de 60% des droits TV et du sponsoring de la CAN. Autrement dit : sans CAN, la CAF suffoque. Avec une CAN tous les deux ans, elle survit… mais sans marge stratégique ». Affaire à suivre.
PRIB à Rabat




